first-cover.png

Extrait

    Pas grave. Elle était là. À ses côtés. Il l’avait choisie. Elle était sienne. Et elle était belle. Il le lui disait souvent. Elle était sa raison d’être. Sa motivation à avancer, sa carotte devant le museau. Celle qui donnait un sens à son existence. Celle pour qui sa vie valait la peine d’être vécue. Celle à qui il pensait tout le temps. Celle qui le hantait. Jour et nuit. Celle qu’il voulait mettre en valeur. Celle dont il était fier.

    Juste après l’amour, il se dit que la vie était vraiment belle. Simplement. Sa vie était belle. Grâce à elle. Sa femme.

copyright : L'Harmattan-Roels

Le pitch

Noé, un écrivain de 38 ans, se fait voler son portefeuille. Pour lui, c’est le grain de sable qui l’entraîne dans sa chute. De fil en aiguille, il perd moral, famille, travail, et se retrouve à la rue.

    Kenza, la jeune femme qui a commis le rapt, utilise efficacement son butin pour gravir progressivement les échelons professionnels et se hisser à la tête d’un magazine féminin à succès.

Trois ans après le vol, les deux protagonistes se retrouvent seuls au sommet d’un gratte-ciel de la Défense, un soir d’éclipse.

    L’occasion peut-être de découvrir qui est l’autre et de s’expliquer, dans une ambiance de « fin du monde »…

Quelques illus

pour une potentielle version

avec illustrations

Titre 2

Numériser_3_-_copie.jpeg
Numériser_2_-_copie.jpeg
JULIETTE - Trait.jpg
Numériser_6_-_copie.jpeg
Kenza-Vitale Rome - copie.JPG

La version BD

Les personnages

NOE - copie 2.jpg
KENZA - copie.jpg

Les premières planches (couleurs : Claude Laverdure)

Planche 01- COULEURS.jpg
Planche 01- COULEURS.jpg
Planche 02 - COULEURS - copie 2.jpg
Planche 02 - COULEURS - copie 2.jpg
Planche 03 - COULEURS - copie 2.jpg

Interview à la Librairie Archibald

10 octobre 2018

  1. Qui êtes-vous ?

- Je suis un homme heureux.

- Un raconteur d’histoire.

- Un auteur de bande dessinée converti, cette année, en romancier qui vit sa passion.

  2. Pouvez-vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ?

À cinq ans, un vieux voisin m’a lu "Tintin et l’Oreille cassée". Dès ce moment, j’ai aussi voulu raconter des histoires. Je pensais que le seul moyen, c’était la BD. Je me suis donc mis à dessiner pour pouvoir illustrer les aventures que j'imaginais .

   3. Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer de la BD au roman ?

- Le manque d’énergie de me relancer dans le long travail d’une BD après mes trois années passées sur Quipou.

- L’envie de sortir de ma zone de confort, un nouveau défi d’auteur, une nouvelle expérience.

   4. Est-ce que quand vous l’écriviez, vous aviez déjà en tête l’idée de le publier ? Qu’est-ce qui vous a poussé à publier ? Est-ce que vous trouvez que c’est une étape importante ? Nécessaire ? Ou pas ?

Quand j’écris, c’est d’office dans le but d’être publié. Envie de partager le plaisir que j’ai pris en m’évadant dans l’univers que j’ai créé. Oui, pour moi, c'est nécessaire. Vital, même.

    5. Combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où vous avez eu un manuscrit prêt et le moment où vous avez décidé de faire des démarches pour le publier ?

Je me relis jusqu’au moment où je pense que corriger davantage serait une erreur. Le mieux est l’ennemi du bien. Tâcher de garder la fluidité spontanée. Je relis entre 15 et 20 fois mon texte. Puis, il faut le lâcher, l’envoyer aux éditeurs et y croire.

 

    6. Est-ce facile d’être publié ?

Non bien sûr. C’est alléatoire. Une chance sur 800 chez L’Harmattan. Une sur 5000 chez Gallimard. Les éditeurs reçoivent entre  50  et 100 manuscrits par jour.

Aujourd'hui, il y a plus d'écrivains que de lecteurs me disaient à la blague (ou pas !) mon directeur éditorial.

    7. Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce livre ?

Entre 6 et 8 mois. Un premier jet durant l’été 2016.

Repris en enrichi durant l’été 2017.

Corrigé de janvier à juin 2018 de façon plus ponctuelle. (Deux jours par semaines)

    8. Être écrivain, pour vous, c’est un métier ou une passion ?

Une passion. En toute humilité. Il est devenu très difficile aujourd'hui de faire suffisamment de ventes que pour en vivre. Trop de publications. 50 000 romans paraissent chaque année. Il n'y a plus qu'à espérer se faire repérer par hasard dans la masse et avoir la chance de gagner un prix littéraire...

 

    9. Quand et où écrivez-vous ?Avez-vous un « rituel d’écriture »,des horaires ?

Quand je suis seul chez moi. À la maison. Sinon, je m'isole dans mon atelier. Dans le silence. Dans mon univers. Dans ma bulle.

    10. Où puisez-vous toutes ces idées ? D’où vient l’inspiration ?

Un thème qui me passionne depuis longtemps et qui éclot comme un bouton de fleur. Des pays qui m’attirent, des sujets forts d’actualités, une anecdote croustillante d’un copain, un souvenir de vacances, un bout de chanson émouvante, …

 

     11. Vous écrivez avec ou sans ordinateur ?

Avec. Toujours. C'est beaucoup plus commode pour corriger ou déplacer des phrases ou des paragraphes. Et avec un ordinateur, la documentation est facilement accessible sur internet ainsi que le dictionnaire lexical des définitions ou celui des synonymes que j'utilise beaucoup pour éviter tant que possible les occurrences.

    12. Quelle est la phase la plus difficile dans l’écriture d’un roman ?

Aucune. Tout est pur plaisir. Je trouve qu'écrire est une activité beaucoup plus facile que dessiner.

À bien y réfléchir, le plus difficile reste quand même de trouver LA bonne histoire. Trouver le chemin depuis la situation de "L’élément perturbateur" jusqu’au "Climax". En passant par tel ou tel événement que je me suis imposé. Justifier ces événements. Trouver une solution crédible au problème qu’on s’est créé. Comment arriver au résultat souhaité.

    13. Votre femme vous aide-t-elle à écrire ?

Non. Pas vraiment. Quand le premier jet est fini, elle est parfois ma première lectrice. Elle me donne quelques conseils sur la forme. Assez synthétiques. Jamais sur le fond. Elle a l’élégance de toujours respecter ma liberté d’écriture. Je lui en suis infiniment reconnaissant.

 

     14. Votre histoire est-elle inspirée de faits réels ?

Oui. La scène-clé du type qui se fait voler son portefeuille avec une grosse somme d’argent m'est arrivée. Ça m’a miné pendant 3 ou 4 jours. Extrêmement fragilisé. Au point où je me suis réellement dit que c’était peut-être le début de la fin. Puis contrairement à mon héros, j’ai repris courage et énergie, joie de vivre.

Un peu plus tard, je me suis persuadé qu’il fallait que je transforme ce funeste épisode en fiction. Que j’en fasse un livre. Qu’il soit publié. Transformer cette tragique mésaventure en plaisir romanesque. "Tout ce qui ne te tue pas te rend plus fort". C'est le principe des neurosciences : positiver les mauvaises expériences. Les transformer en cadeau du ciel.

     15. Faites-vous beaucoup de recherches ? Vous documentez-vous ?

Oui, mais je suis assez curieux de nature. C’est un plaisir. J'aime aussi aller sur les lieux où se situe l'histoire pour m’imprégner de l’atmosphère. Voir ce qui est envisageable et crédible.

​    16. On dit souvent que le premier roman est autobiographique. Qu’en pensez-vous ?

J’ai déjà repondu en partie à cette question avec le vol du portefeuille, mais mon roman est une vraie fiction, je peux vous l’assurer. Désolé mais non, je ne me suis pas retrouvé avec une jolie fille, prisonnier en haut d’un gratte-ciel un soir d’éclipse. Et non, je ne suis pas addict au whisky écossais.

    Ceci dit, c’est vrai que j’ai injecté dans ce premier ouvrage beaucoup de souvenirs de vacances ou de voyages en famille ainsi que des anecdotes personnelles que j’ai plus ou moins romancés.

   Un autre détail : L’Éclipse (réelle) de 1999 m’a beaucoup marqué. Je voulais retranscrire cette atmosphère étrange de "fin du monde".

    17. Vous reconnaissez-vous dans le personnage principal de votre roman ?

En partie... Mais je suis moins fragile que Noé. Et un peu moins distrait aussi, je crois. Mais comme lui, je suis un gentil. Un père de famille sensible et romantique. Parfois énervant peut-être, mais de bonne volonté. Par contre, je ne noierai jamais mon vague à l’âme dans l’alcool, je ne bois que de l’eau, du jus de tomate et du coca.

Mais je me retrouve aussi dans Kenza, Alice et Jérémie. Par certains côtés.

 

    18. Improvisez-vous au fil de l’histoire ou connaissez-vous la fin avant d’écrire ?

Ma trame est écrite chapitre par chapitre. Bien ficelée. Chaque scène est déterminée (sans être développée) pour être indispensable et servir le récit. Le faire avancer.

Ceci dit, je me fais parfois dépasser par mes personnages et ils peuvent réagir de manière imprévue. Mais je retombe toujours sur mon fil narratif à la fin du chapitre. Ce qui me permet de ne pas trop partir sur des chemins de traverses qui pourraient être ennuyeux, confus ou déroutants pour le lecteur.

    19. Pouvez-vous me parler en quelques mots de votre livre ?

Deux histoires parallèles. Un écrivain qui, suite au vol de son portefeuille, perd tous ses repères et se retrouve à la rue. Et, en alternance, en contrepoint, si vous voulez : l’histoire de la folle ascension de sa petite voleuse qui se hisse à la tête d’un grand magazine féminin. Trois ans après le vol, les deux protagonistes se retrouvent seuls dans un gratte-ciel de la Défense un soir d’éclipse.

​    20. Pouvez-vous dire quelques mots du thème ou de l’histoire ? Est-ce que ça se passe à une époque et dans un lieu particulier ?

Thème de l’usure du couple. Le couple est par nature une matière vivante et donc putrescible et périssable. Il faut l’entretenir, le soigner, faire preuve de concession pour ne pas le perdre. "Il faut cultiver son jardin" à dit Voltaire. L’homme est un jardinier qui doit prendre soin de sa femme-rose. Mais le jardinier est souvent distrait et maladroit. Et la rose parfois un peu capricieuse…

Je développe aussi le thème de la condition de l’artiste avec son paradoxe : à la fois gratifiante et euphorisante mais toxique et dangereuse. Comme une drogue, finalement.

L'histoire se passe de nos jours à Paris.

    21. Avez-vous des thèmes de prédilection ?

Les voyages, le couple, le paranormal (ovnis, esprits, …), l’art et ses mises en abîmes : Une peinture d’un artiste peignant, une pièce de théâtre racontant les mésaventures des répétitions, un livre racontant l’élaboration d’un roman…

    22. Êtes-vous un grand lecteur ? Quels sont les livres qui vous ont façonné ? Et quels sont ceux qui vous accompagnent aujourd’hui ?

Oui. Je lis en moyenne un roman et une BD par semaine. Liane Moriarty, Barjavel, Nicolas Fargue, David Foenkinos, Anna Gavalda, Delphine de Vigan,… et René Barjavel, bien sûr. C'est sans doute lui qui m'a vraiment donné le goût au roman après avoir lu (et adoré !) "La Nuit des temps à 14 ans.

En polar : Michel Bussi, Jose Rodrigues dos Santos, Olivier Norek, Barbara Abel…

    23. L’écriture est-elle chez vous une seconde peau ? Êtes-vous constamment en éveil ? Prenez-vous beaucoup de notes ? Vous astreignez-vous à une régularité ?

J’adore ça. Quand j’ai une idée, un bon mot, je note dans mon dossier « Idées de scénarios ». En outre, j’écris souvent un journal de bord quand on part en voyage ou en vacances.

    24. Que vous apporte l’écriture ?

Un besoin d’évasion vital. Un sentiment non pas d’être immortel mais de pouvoir vivre 1000 vies. Un moyen de supporter la "vraie" vie où souvent des gens m’agacent ou me déçoivent alors que d’autres m’éblouissent et m’enchantent. Ce sont les mêmes, parfois.

    25. Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à nos lecteurs rêvant de devenir écrivain ?

- Écrire par passion et s’accrocher. Écrire que si on s’y sent obligé. "Il ne faut écrire qu'au moment où, chaque fois que tu trempes ta plume dans l'encre, un morceau de ta chair reste dans l'encrier" a dit Tolstoi.

- L’écriture doit correspondre, selon Jean Van Hamme, à l’acronyme VECU :

     Vaillant : Qui véhicule de bonnes valeurs (au final)

     Essentiel : Voir la citatio de Tolstoi. Un livre doit être, aux yeux de son auteur,                               "indispensable" à écrire mais aussi à être lu (c'est très ambitieux, je sais mais il faut l'être         un minimum, non ?!)

    Crédible : Il ne faut qu'à aucun moment, le lecteur "décroche" en se disant : "Là, je n'y crois      pas! Ce n'est pas possible!"

    Universel : Il faut veiller à écrire une histoire qui plaît au plus grand nombre.

 

​    26. Pourriez-vous nous lire l'un de vos  passage préféré ?

Il est en haut de cette page. Une déclaration d'amour.

Ce livre est en réalité une déclaration d'amour d'un homme fragile à sa femme.

    27. De vous à votre chérie ?

C'est ça.

Un dernier passage pour la route

    Noé s’était levé en même temps que les premiers rayons du soleil. Le ciel était d’un bleu azurin, éraflé de pâles nuées d’ocre et de garance. Au loin, du côté de la butte Montmartre, un vol de goélands en contre-jour venait de s’arracher de la basilique, donnant un discret éclat de vie au tableau. Comme de minuscules tuiles en terre cuite emportées par une légère bourrasque. L’homme resta un moment immobile à contempler ce paysage paisible et doux d’après la fin. La silencieuse tiédeur d’un matin d’été post-apocalyptique. Il ne pensait à rien. L’esprit vide. Égaré. Profitant du petit vent frais qu’il respira encore longuement.