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Le nouveau roman (novembre 2021) : 
LE MOUCHOIR DE VERMEER

 

Editions Vérone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

En mars 1990, deux malfrats volent Le Concert, un somptueux tableau de Johannes Vermeer, dans un musée à Boston.
Trente ans plus tard, Benjamin apprend que le commanditaire du casse détient la preuve que Vermeer aurait peint, sur une mystérieuse toile cryptée, le fruit de toutes ses avancées picturales avant-gardistes. Ce « codex » serait caché sous la peinture dérobée.
Progressivement, Benjamin comprend que le malfaiteur s'est trompé de tableau. Commence alors une enquête qui l'emmènera de Delft à Prague, jusqu'à une ile grecque perdue en mer Égée, avec l'espoir inouï de mettre au jour le message lumineux et visionnaire du maitre flamand.
Benoit Roels est auteur de bandes dessinées. Après avoir réalisé les séries Oknam, Bleu Lézard et Les Mystères d'Osiris, il publie Quipou. En outre, il est enseignant en éducation plastique et en Histoire de l'art à la Haute École Léonard de Vinci de Louvain-la-Neuve. En 2018, parait L'Éclipse du goéland, son premier roman. Deux ans plus tard, il publie Les Pantins innocents.
Le Mouchoir de Vermeer est son troisième roman.

Interview -Passion FM- 28 décembre 2021

Bonjour Benoit, merci d’être ce soir avec nous en studio pour nous présenter ton dernier roman, Le Mouchoir de Vermeer.

 

Mars 1990 : Consternation dans le monde de l’Art : Le Concert de Johannes Vermeer, un tableau de 1664, est dérobé par deux malfrats à l’Isabella Gardner Museum.

 

En janvier 2020, nous parlions, toi et moi, de ce troisième roman en cours d’écriture qui vient tout juste de paraître aux éditions Vérone. C’est un roman qui te tient particulièrement à cœur, car tout qui te connaît un peu sait que tu nourris une admiration sans bornes pour Johannes Vermeer dans les toiles duquel tu vois non seulement cet usage si particulier de la lumière, mais également une technique qui préfigure la naissance de la modernité en peinture. Peux-tu nous expliquer brièvement en quoi ?

 

Même si, de loin, Vermeer a une touche relativement réaliste, avec des personnages correctement proportionnés, une source de lumière naturelle bien définie (de loin !), des rendus de matières concrets, on s’aperçoit à y regarder de plus près que sa touche est fragmentée, comme celle des impressionnistes, presque « pixelisée » à certains endroits, décomposée et quasi pointilliste. C’est d’une modernité sidérante !  C’est notre œil qui, à distance, nous renvoie une image plus lisse et quasi photographique. C’est là tout le génie de Vermeer.  Et c’est globalement ce que je préfère en peinture. Des artistes qui nous donne une image concrète suffisamment narrative pour qu’on puisse s’y projeter sans peine et naviguer dans l’univers descriptif proposé MAIS où on y découvre, à y regarder de plus près, tout le travail pictural de l’artiste. La touche et la matière mis en évidence. Une peinture qui, pour le coup, n’est pas lisse comme une photographie mais qui peut en avoir l’illusion à distance.

Vermeer est donc bien un impressionniste prénatal.

 

Ce roman est un triptyque où tu « balades » ton lecteur à travers les lieux et l’histoire : l’Europe du XIXe siècle, les Pays-Bas de la seconde moitié du XVIIe, l’île grecque d’Icaria peu avant la Seconde Guerre mondiale. Comment diable fait-on pour construire la trame d’un roman qui se passe en autant de lieux et d’époques sans noyer son lecteur, sans que l’intrigue perdre en intensité, tout en émaillant son récit d’une visée pédagogique sur l’art visionnaire d’un peintre comme Vermeer ? N’était-ce pas un pari risqué ?

 

L’idée d’alterner les scènes contemporaines et celles du XVIIème siècle m’est venue assez vite. À partir du moment où j’avais décidé de parler précisément d’un professeur d’Histoire de l’art qui mène une enquête à propos d’un tableau de Vermeer, je devais raconter en parallèle le quotidien du peintre flamand et développer la manière dont ses idées de peinture nouvelle ont vraisemblablement évolué tout au long de sa courte carrière.

 

La trame narrative sur l’île grecque à l’orée de la seconde guerre mondiale est venue un peu plus tard. C’est la fin de mon récit qui m’y a obligé. Sans vouloir spoiler mon histoire, à partir du moment où je voulais une vrai bonne fin à propos de ce mystérieux tableau caché de Vermeer, à la limite de l’abstraction, mais une fin qui respectait la réalité d’aujourd’hui (on n’a pas officiellement découvert un tel tableau !) je devais imaginer cette troisième trame. Afin que le lecteur sache ce qu’il est advenu de cette œuvre.

 

D’autre part, j’ai écrit ce roman en plein confinement, au moment où l’art était considéré par notre gouvernement comme non-essentiel. Je l’ai pris au mot et j ’ai voulu prouver qu’un tableau pouvait avoir, dans mon cas précis, une vraie utilité pratico-pratique puisqu’il va réellement et concrètement sauver quelqu’un.

 

Pourquoi et comment as-tu choisi précisément le tableau de « L’Art de la peinture » pour le placer au centre de ton intrigue ?

 

C’est depuis longtemps mon tableau préféré du maître flamand. D’abord parce qu’il représente un peintre de dos et que j’ai toujours aimé les mises en abyme. Ensuite parce qu’il est très complet, très riche. Très bien peint et qu’il me fait rêver. J’ai toujours voulu être une petite souris présente au moment où Vermeer peint sa fille, les yeux baissés. Elle a une grâce inouïe. C’est en l’observant de plus près que j’ai découvert toute la modernité dont je parle dans mon livre.

 

De plus, ce que j’aime chez Vermeer, c’est qu’il est post-moderne. En représentant des femmes qui pensent, dans leur intérieur calme et domestique, il suspend littéralement le temps, il fait donc mieux que la plupart des peintres et des photographes qui nous donne à voir un moment FUGITIF du passé. Vermeer, quant à lui, nous peint non pas un moment fugace qui a disparu mais l’éternité. Un tour de force, non ?

 

 

Extrait pp. 187-188

 

« Mon observation de l’Art de la peinture avait été quelque peu faussée par toutes les analyses. »

 

La similitude entre le mouchoir rosé que contemple la muse Clio dans l’Art de la Peinture et l’île d’Icaria est évidente… une fois qu’on t’a mis le nez dessus. En outre, Icaria serait l’île au large de laquelle se serait abîmé Icare, le fils de Dédale, après s’être approché trop du soleil. En bien des aspects, la modernité et la chute d’Icare symbolisent la vie de Vermeer. Alors, hasard pictural et symbolique ayant eu la chance d’être repéré par ton regard de faucon ou cette ressemblance a-t-elle déjà été étudiée par des spécialistes ? Qu’est-ce qui t’a mis sur la piste ?

 

Ben non, à ma connaissance, je suis le premier (et le seul) à avoir remarqué cette similitude. Le seul à parler de ce mouchoir aussi d’ailleurs. Étonnamment. Je ne me l’explique pas. Après, c’est la magie de l’écriture et des recherches de fourmi de tout romancier qui se respecte qui a fait son œuvre. Quand j’ai imaginé que ce mouchoir pouvait ressembler à une île, j’ai répertorié toutes celles d’Europe (pas toutes les îles du monde car on est au XVIIè siècle et je me suis dit qu’il ne fallait quand même pas partir trop loin, même si ce sont des hollandais).

J’en ai sélectionné cinq puis en y regardant bien, c’est l’île d’Icaria qui correspondait le plus au profil du mouchoir peint par Vermeer sur la toile ; et ça ce fut la bonne nouvelle ! Ikaria, l’île d’Icare, ce personnage mythologique qui se brûle les ailes pour avoir côtoyer la lumière. Comme Vermeer pour qui la lumière a toujours été une obsession. Icare-Vermeer. La boucle se refermait. À ma grande satisfaction.

 

Il y aurait encore une foule de questions et de thèmes à aborder, mais le temps file décidément à une allure inversement proportionnelle à la passion du tu es animé et que tu sais si bien communiquer à nos auditeurs.

 

Où et comment peut-on se procurer Le Mouchoir de Vermeer ?

 

Archibald, Autre chose ou internet : Vérone, Amazon ou fnac

 

 

Critique Babelio *****

Je me suis plongée avec plaisir dans ce livre.
C est un vrai et beau mélange de genres.
Déjà, l auteur nous balade dans les époques pour mieux comprendre toute l histoire.
Les chapitres sont courts, condensés, le rythme est la!!
Ensuite, j adore le récit en lui même.
Il faut oser parler de peintures et d arts.
Souvent, ce sera catégorisé comme trop sérieux. Et bien non!!
Franchement, j ai appris énormément de choses sur Vermeer et d autres peintres mais sans jamais trouver cela rébarbatif et ennuyant.
L auteur est vraiment arrivé à créer un récit addictif et prenant tout en nous apprenant et nous faisant découvrir des choses.
C était vraiment une belle découverte et j ai même envie d aller plus loin dans toutes ces découvertes tellement cette histoire est bien construite.
Bravo, vous avez réussi à m intéresser à un sujet que j avais plus dur à aborder et à apprendre au travers de ce livre.
J ai beaucoup aimé Benjamin car derrière une énorme culture et une intelligence hors du commun, on sent aussi ses peurs, ses espoirs,…
Bref une belle lecture ou j ai appris bon nombre de choses avec une très belle écriture et une histoire qui m a transportée avec un beau final.
Merci pour ce beau moment.

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La première critique des "Pantins" sur Babelio*****

Un groupe de touristes des plus hétérogène entame une croisière vers les Îles Mariannes, organisée par le mystérieux Andy Ski, qui a tout de l'homme invisible. Si le décor est paradisiaque, les incidents bizarres se multiplient. Seraient-ils les « pantins innocents » dont l'énigmatique sponsor tire les ficelles ?
Benoît Roels est un auteur que je ne connais pas. Et ce n'est pas étonnant puisque « Les pantins innocents » est son deuxième roman. Et, en même temps, c'est étonnant, car, dans sa bibliographie figure une impressionnante liste de bandes dessinées, un genre que j'affectionne pourtant.
La collection « Évasions » dans laquelle est publié le livre que je vais entamer promet « aventures et émotions ». le bandeau, lui, assure : « l'art comme vous ne l'avez jamais lu ! ». Il y a là de quoi titiller ma curiosité. Et maintenant que j'ai tourné la dernière page, je peux vous affirmer que ce n'étaient pas des promesses en l'air.
Le début est assez déconcertant. Où diable l'auteur va-t-il nous mener ?
Le prologue installe une atmosphère glauque, oppressante : un adolescent qui passe son temps à dessiner des oeuvres sombres et terrifiantes, prend un malin plaisir à épouvanter sa petite soeur, sa cadette de dix ans. Non seulement il lui montre ses peintures macabres, mais il lui raconte leur histoire. Spectres et monstres peupleront ses cauchemars. Vous avez pitié de ce pauvre petit ange ? Sachez qu'elle ne se laissera pas faire. Elle se venge. Et ce faisant, manque provoquer une tragédie.
Vingt-cinq ans plus tard, nous voici dans un tout autre univers. Une accorte infirmière arrondit ses fins de mois en posant pour des artistes. Mais Monsieur Cow lui demande quelque chose de très étrange. Lorsqu'elle sort de derrière le paravent, elle est « vêtue d'un mini-short à fleurs, d'un crop top jaune et de grosses baskets. » Quel genre d'oeuvre va-t-il réaliser à partir de ce bizarre accoutrement ? Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Au troisième chapitre, nous poursuivons une institutrice qui se presse pour ne pas rater le début du discours inaugurant la rétrospective Kandinsky. Et voilà que le maître de cérémonie est interrompu par un énergumène si agressif qu'on doit faire appel au service d'ordre pour l'évacuer.
Le lecteur est perplexe. Et il n'est qu'au début de ses surprises. Non, le roman de Benoît Roels ne nous laissera pas un moment de répit. Il nous emmène en croisière, nous fait traverser le Vietnam, la mer des Philippines, nous embarque sur le Transsibérien, nous perd dans le désert de Gobi, nous arrête à Pékin et Ekaterinbourg. Les personnages croisés sont hauts en couleurs et vivent des aventures ébouriffantes. Ils escaladent des volcans ou plongent au fond de l'océan pour découvrir une épave d'avion. Ils se prélassent sur des plages de sable blanc ou claquent des dents « sur l'île d'Olkhon au beau milieu du lac gelé ». Tandis qu'ils rient, dansent, tremblent, pleurent ou se disputent, un couple, pour le moins original, parcourt les musées les plus réputés à la recherche d'oeuvres prestigieuses. le mystère nous attend à tous les tournants Dans le tourbillon du carnaval de Venise, dans les arcanes de la numérologie, auprès d'une chamane qui prépare les décoctions ancestrales capables de soigner les maux les plus tenaces ou au milieu du cercle sacré de Stonehenge.
Peu à peu se dessine la construction savante élaborée par Benoît Roels. Nous établirons des parallèles, nous frémirons, nous rirons et pleurerons aussi.
Benoît Roels m'a fait redécouvrir nombre d'oeuvres d'art que je connaissais, mais qui me révéleraient des aspects inattendus auxquels je n'avais jamais prêté attention. Il m'a appris énormément de choses et fait apprécier des artistes dont je n'avais jamais entendu parler. (Il en donne la liste à la fin de son roman, ce dont je ne me suis malheureusement rendu compte qu'après que j'avais terminé). Il est donc intéressant d'aller les voir sur le net pour mieux profiter de sa lecture. L'auteur accompagne son récit d'une bande-son et on s'aperçoit qu'il a donné à plusieurs personnages les prénoms de ceux qui lui sont chers.
Un des passages qui m'a frappée, c'est le trajet du Transsibérien le long du lac Baïkal que j'avais déjà eu l'occasion de faire en compagnie de Christiana Moreau dans « Cachemire rouge » et de Philippe Gérin dans « Les voyages de Cosme K ».
L'auteur ne manque pas d'ironiser à propos du « comportement désinvolte de bon nombre de gens qui (…) se précipitent au musée et se contentent de faire un selfie devant la pièce maîtresse qui s'y trouve. »
Le roman de Benoît Roels m'a paru foisonnant, intrigant, passionnant, émouvant, intéressant. Bref, il m'a comblée. C'était un gros coup de coeur pour moi.​

 

Béatrice Ferron

 

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